Vise un peu au loin…c’est le Visaurin !

« 6h du mat’, j’ai des frissons. Je claque des dents et je monte le son! C’est l’insomnie, sommeil cassé par le réveil…! »*

Bon, tout le monde aura reconnu ces paroles… Tout le monde d’au moins 30 ans ou quasi tous ceux qui ont à un moment donné traîné leurs guêtres en boîte sur les vieux planchers en bois en fin de soirée…… Désolée pour ces maigres références mais elles s’adaptaient tout de même très bien à ce samedi matin 27 septembre 2014 !

6h30, 40, 50… du mat’, les minutes passent et j’attends toujours le reste de la troupe qui s’est rejoint à Palas. J’ai monté le son dans la voiture pour stimuler mes oreilles et cerveau encore somnolents. J’arrive au point de rendez-vous convenu. Je suis plantée dans mon rond point, doublement frissonnante à l’idée de cette belle journée et… en quasi short et tongs. Ben oui! Pour aujourd’hui, ils annonçaient très beau et chaud sur météo France Montagne/ MétéoBlue/ Météo Wetterzentrale, etc… enfin tous ces célèbres sites inscrits sans faute en favoris sur la barre Google de tous les montagnards!!! J’y ai cru mais je n’aurais pas du, pas à cette heure-ci ! Il ne fait qu’une petite dizaine de degrés encore ! Je me rajoute des épaisseurs en attendant. Je finis de grignoter mon p’tit déj que j’avais à peine avalé, sac sur le dos, chaussures à la main.

Ah, ça y est, ils arrivent à tout berzingue, pneus crissants dans le rond-point pour me récupérer ! Christophe au volant, Ludo, Michel, Patrice solidement attachés au siège à l’arrière. Allez, hop, je saute devant, ceinture à peine bouclée et c’est parti ! Direction le fond de la vallée d’Aspe ! On papote, on fait connaissance, on parle un peu rugby (enfin, eux surtout…). Un peu avant le tunnel du Somport, on prend la direction du col du Somport, et nous nous arrêtons au Parking du Sansanet, à droite, sur le contrebas de la route.

On s’étire, on sourit, on s’équipe. 7h50, c’est le grand départ de cette belle mais longue journée qui s’annonce. Le Visaurin, ça se gagne, paraît-il! Annoncé : 8 à 9h de marche sans les pauses pour 21km – Dénivelé: +1700m pour randonneur en bonne condition physique. Hummm…

On part bien au chaud, munis d’eau (au moins 2 à 3L par personne, il n’y a pas de source sur toute la course), casse-croûte, de quoi se couvrir encore en haut, quand on aura atteint les fameux 2669m.

Notre petite troupe de cinq avance bien, tellement bien qu’on ne tarde pas à s’effeuiller les premières couches au bout de dix minutes ! Les marmottes et isards n’ont qu’à bien se tenir, ils vont avoir de la compagnie !

Nous sortons des bois après la première montée et le pic d’Aspe s’offre à nous dans les premiers rayons de lumière, splendide !

Nous continuons sur ce vaste et magnifique plateau qui mène au lac d’Estaens. Deux cents mètres avant celui-ci, nous bifurquons sur notre gauche sur un sentier qui monte en lacets au col. De ce dernier, nous contemplons le lac d’Estaens et le pic rouge de Gabedaille en arrière-plan. Cela fait une petite heure que nous sommes partis. Un petit vent frais se fait sentir, cela nous rappelle que nous ne sommes plus vraiment en été !

Depuis le col, nous arrivons à un dôme (1930m) gondolé de roches calcaires. Arrivés au sommet de ce dôme, nous descendons vers la gauche (Sud-Ouest). Les cairns se font rares et il faut avoir l’itinéraire en tête pour ne pas se tromper. Nous ne sommes pas de trop à cinq pour le réfléchir, surtout encore un peu endormis!!!

Le paysage est calcaire ; en son sein, des roches d’un rouge surprenant. La beauté de la nature nous subjugue !

On découvre ensuite un immense plat herbeux (2000m) avec un cirque en fond : Olibon.

Cette magnifique vallée est celle de los Sarrios, qui rappelle des paysages de Westerns !!! Des isards nous observent, nous dominent, nous montrent encore leur agileté déconcertante dans les pierriers plus hauts!

Au bout de ce cirque, prendre à droite pour monter au col. Nous descendons ensuite en pente douce dans le vallon qui nous offre une vue extraordinaire sur le col de Secus en V avec à sa gauche le massif du Visaurin. Une pause s’impose pour profiter de cette vue extraordinaire et contempler le fameux massif que nous convoitons aujourd’hui. Il faudra tout descendre pour tout remonter ensuite de l’autre côté du ruisseau…Non, la montagne, ce n’est pas l’autoroute ! Plutôt les montagnes russes aujourd’hui!!! Allez, en route, cela fait plus de deux heures que nous sommes partis, mais l’ascension est encore longue ! Nous sommes à peu près à la moitié. Nous reprenons notre rythme de croisière quand soudain, une voix s’élève derrière nous : celle de Ludo qui nous crie qu’il a perdu son appareil photo et qu’il repart le chercher avec Michel, il ne sait où… Mince…Nous continuons un peu et nous nous posons pour les attendre. Nous sommes dans les derniers mètres avant le faux-col, dans la pierraille, entre de gros blocs. Cette pause nous permet de contempler une harde d’isards qui évolue sur notre gauche : certains couchés, d’autres escaladant, d’autres se rassasiant. Tous très sereins et paisibles en tous cas, peu étonnés de nous avoir en spectateurs.

Nous reprenons jusqu’au faux-col (2240m) où nous nous rejoindrons tous, sans que Ludo n’ait pu remettre la main sur son appareil. Tant pis, on verra au retour ! Un grand replat herbeux et un peu marécageux est devant nous. Nous continuons vers le col de Secus que nous n’atteindrons pas puisqu’il faut bifurquer avant sur la gauche dans un grand pierrier ingrat (avec la fameuse loi du « j’avance d’un mètre, je recule de deux »…) et un joli névé.

On atteint la crête à 2560m. Cette crête est facile mais pentue jusqu’à l’avant sommet. Les derniers mètres sont difficiles, le souffle est court, les encouragements bien présents après plus de 4h30 d’ascension ! « Allez c’est la dernière ligne droite », dis-je pour la 3ème fois au reste du groupe! Cette phrase deviendra mythique puisqu’en fait, il restait quasi une heure encore! Le moral, c’est important en montagne!!

On y arrive enfin. Oui, c’était loin effectivement, le Visaurin.

Un effet de foehn au sommet nous entoure de sa belle robe de brume pour ensuite nous faire découvrir par fenêtres, grâce au vent fort qui souffle, le fameux Visaurin, ses 2669m…et sa vue grandiose! Le pic du midi d’Ossau montre le bout de son nez en face de nous. Un panorama immense sur la chaîne des Pyrénées à 360 degrés, côté français et espagnol!!! Waouh ! Ca valait le coup !

Le pique nique est le bienvenu après 5h d’ascension : on s’ouvre une bouteille de bon vin rouge pour cinq que Ludo nous a gracieusement et courageusement amenée, partageons mets et douceurs respectifs. Un petit gâteau au chocolat viendra nous réconforter en dessert avant la longue descente de quatre heures qui nous ramènera à la voiture pour 18h. Dans cette longue descente, Christophe retombera bienheureusement sur l’appareil photo de Ludo perdu le matin-même…Sympas les marmottes de ne pas nous avoir fait de mauvaises blagues!

Allez les gars, fini le suspens ! Je vous donne enfin la réponse à la question, non fondamentale faut-il bien le préciser, mais qui nous a occupés une bonne partie du retour ! Le saint patron pour retrouver les objets perdus : c’était Saint Antoine de Padoue. Pourtant, il n’y avait pas d’Antoine dans le groupe, mais un Christophe au regard redoutable d’aigle pour remettre la main sur le « précieux »…

Merci à tous pour cette magnifique journée partagée ensemble. Au plaisir d’en refaire d’autres!

Estelle

Chagrin d’amour – Chacun fait (c’qui lui plaît) ! Heu, vraiment désolée pour les références…