De Gavarnie à Troumouse: tout un cirque!

Profitant d’un épisode timidement anticyclonique le jeudi 28 septembre deux représentants du bureau du CAF, le trésorier et le secrétaire adjoint moins occupés par leur passion pour leur débordante activité professionnelle que leurs collègues (il y en aurait qui travailleraient le jeudi? ah bon…) prennent donc d’un pas décidé la direction de Gavarnie afin de découvrir la vire de l’Escuzana.
Cette rando est à conseiller vivement pour son cadre sauvage et grandiose, jamais diffcile souvent trés impréssionnante et peu fréquentée (du moins le jeudi). La partie la plus délicate est plus le versant sud de la Forqueta, bréche qui permet de découvrir l’improbable passage vers la vire, que celle ci même, large, confortable et abritée par de spéctaculaires surplombs. Il faut en effet bien repérer les cairns pour le retour à cette bréche, sous peine de s’embarquer dans une autre bréche plus au nord et nettement moins accueillante dans sa descente.
la vire mène au pic de l’Escuzana ou Mondarruego selon les cartes, à moins que ce soit le sens dans lequel on les tourne. De la haut (2848m) vue originale et spectaculaire sur le sud du cirque, Arrazas, les lointains aragonais et un petit lac de cratère au sud ouest du sommet. On aperçoit aussi l’entrée de la grotte Casteret et on y découvre les Gabietous sous un jour moins engageant que la plage d’Hendaye.
Je n’en rajouterai pas pour ne pas exciter le reste du bureau du CAF d’Oloron malheureux otages de la tyrannie du travail.
N’empêche les gars, c’était bien, dommage que vous n’en n’ayez pas profité avec nous…
Surtout qu’il faisait beau avant que le Vignemale devienne d’un noir d’enfer et que le ciel deverse sa colère… sur la voiture à laquelle dans notre hâte nous étions parvenus à temps.
Quoique Jean Louis pris d’une panique irrépressible nous ait fait perdre quelques précieuses minutes à extraire son poncho du sac où il était précieusement rangé tout au fond!
Une fois sorti, déplié, enfilé sous le regard sarcastique et légèrement humide (l’émotion! d’Alain, la pluie cesse!)
Dimanche huit octobre autre partition avec Philou, et le neveu à son tonton le tout frais ingénieur Joseph.
Le niveau monte et la montagne aussi.
Troisième tentative en trois semaine à Troumouse et enfin le beau temps est au rendez vous.
Pendant que certains allaient faire du Mountain bike dans les lointains navarrais (et oui, il ya aussi des aventuriers au CAF d’Oloron!), les biques de mountaigne sous la conduite de leur vieux chef (c’est moi…) fonçaient vers la Munia. Ascension réalisée dans un temps record qui ne sera pas communiqué à la presse spécialisée, ni divulgué sur le net.
On veut pas vexer, on est des pro de la montagne, nous!!!
Groupe soudé du départ à l’arrivée et vice versa et quelques absents ont eu tort (pôvre SEB!).
Ils ont loupé du lourd côté humour, flatulensces, manoeuvres de cordes et commentaires amusés sur un passé recent.
Une ascension en famille avec Joseph et Philou n’est jamais vraiment triste! Déjà les ondes négatives circulent sous le col de la Munia quand les nuages peu sympatiques envahissent l’arête. On continue quand même, gps oblige. Le rocher humide en face nord nous oblige à quelques précautions (et enfin le silence se fait… pas pour longtemps!)
Le Pas du Chat me permet de faire apprécier mon art du grand écart limite déchirure de pantalon. La mer de nuage trés élevée sur l’ensemble du versant sud, nous cache la face nord du Perdu que l’on apercevra à peine dans une courte trouée. L’arrivée au sommet se fait aprés quelques passages aériens facultatifs mais dès qu’il s’agit d’aérien, de léger, voire d’éthéré, on est présent, !! Ici vont commencer les gags!!! Photo au sommet et à table… enfin pour ceux qui n’ont pas oublié le saucisson le fromage et le dessert à la voiture 1100 m plus bas.
Je passe sur le vocabulaire riche et imagé de Philou qui n’a que ses chaussures neuves à se mettre sous la dent. Heureusement que le reste de l’équipe avait prévu le coup (aprés la saucisse de Marcel, Philou apprécie l’andouille d’Alain…SEB le prochain coup est pour toi, prévois donc le jambon pour deux)
Descente avec la mer de nuage versent sud, grand beau versant nord et on croise quate basque de Lekeitio, trés sympa mais un peu léger côté matos. Aprés moult échanges pas simples (Philou, tais toi! on est pas à Nocito!) on réussit à s’entendre et on les attendra au Pas du Chat pour qu’ils profitent de notre corde. Au fait, il est équipé pour poser un rappel ce qui n’était pas le cas il y a sept ans.
Idem au Passet, équipé lui aussi où on assure à nouveau la descente du groupe renforcé de deux charmantes basques…
Et les trois pingouins de joure aux pros de la montagne, vas y que je te fais un noeud, et tu l’as vu mon huit, t’en est content de tes dégaines, etc…
je mets pingouins parce que maintenant qu’on est monté à la Munia, le terme de rossignol est périmé…
Donc tout le monde est en bas, la corde est rappelée quand soudain une siréne… Le carnaval n’est pas terminé, Joseph s’aperçoit que ses batons sont restés en haut du passage. Alain, déjà victime d’un attentat au Pas du Chat (ils m’ont obligé à porter la corde…) et Philou prêts à démarrer se mettent à accabler le malheureux distrait de vocables que la descence m’interdit de reproduire. Conclusion-demerde toi! remonte, récupère ton matos, réinstalle le rappel sinon la Munia va faire une victime!
Le retour se fait dans le calme, on s’arrête pour admirer la face nord, le cirque, la Clé du Curé, Pene Blanque (salut à toi Fernand Cassou) et les autres. A l’arrivée au parking, divine surprise, nos amis basques nous attendent pour nous offrir une bouteille de Rioja, délicate attention et preuve tangible d’une solidarité montagnarde toujours bien vivante.
En conclusion, belle course dans une magnifique ambiance de haute montagne, un peu d’escalade, arête parfois aérienne, deux rappels, belle journée, grande équipe et vino tinto.
Au fait, au Bardé… quoi déjà? vous l’avez payé combien le vino tinto?
Bon, c’est promis la prochaine fois on refait la Munia en mountaigne bique!