Le Dahu est de retour

Quand chacun jugeait l’existence du Dahu improbable, quand les uns évoquaient une légende lointaine… et que d’autres riaient et sourient encore au nez de ceux qui le cherchaient en vain.

Mais encore faut-il chercher avec tact et persévérance en tachant de comprendre où se cache cet animal mythique ? Il faut alors faire preuve de finesse, d’empathie et de mimétisme pour tenter de comprendre le comportement hors normes du fameux dahu.

J’ai donc entrepris une quête naturaliste minutieuse pour analyser la complexité comportementale de l’animal et les éventuels composants de son biotope.

Première hypothèse :
L’animal est fort probablement une relique glacière, bien qu’ayant muté selon le changement climatique il doit rechercher l’austérité et la fraîcheur des cirques lointains.

Deuxième supposition :
Il doit se méfier des vents trop forts Nord-Sud qui brouillent les messages olfactifs annonçant un danger imminent. Il doit donc fréquenter des vallons suspendus orientés Est-Ouest !

Troisième suggestion :
Il doit demeurer à proximité de points d’eau pour s’abreuver aisément en dépit de ses difficultés de déplacement (faut-il rappeler aux incultes qu’il possède deux pattes plus courtes…).

Quatrième évidence :
Il arbore en conséquence des pentes régulières et franches afin de pouvoir effectuer le tour d’une montagne sans se retourner, cause évidente de sa quasi-disparition. Il fallait donc envisager un sommet majeur à proximité.

Après avoir brainstormé ces multiples composantes, je compulsais avec ardeur et acharnement les rares ouvrages traitant de la chose puis me penchais attentivement sur les cartes IGN… Après plusieurs mois de quête infructueuse un lieu attira mon attention…

Bon sang mais c’est bien sur ! Le Lac d’Isabe et le massif de Sesques ! Un beau matin du mois d’aout je partis donc à l’aube avec la même discrétion du chasseur de cèpes qui s’éclipse sans nul mot à personne…

Et… après 12 heures de recherche et de progression camouflée à contre sens du vent… soudain… dans les contreforts de l’Escarpu… Qui vois-je ??? Oh merveille des Pyrénées !!! Un magnifique spécimen de Dahu pyrenaica senesterus (patte gauches plus courtes à l’inverse du dahu dexterus)

Que les mauvaises langues désormais s’emberlificotent avant de pavoiser et que les incrédules écarquillent ce qui leur sert de mirettes.

Et que les images parlent !

(Nb : photos protégées)

2 réflexions au sujet de « Le Dahu est de retour »

  1. Bip

    C’est probablement un sénestrus slovène (le dextérus ayant officiellement disparu) qui s’est adapté à l’environnement isardesque de son massif d’adoption;en effet,ces ail’ytres(plus solide qu’une aile en cas de fort vent et plus léger qu’une élytre) sont une adaptation qui permet de faire de courtes envolées lors de traversées hasardeuses.
    La couleur ne se révèle qu’avec un appareil photochromatique sophistiqué demandant quelques modifications;d’où l’apparente facilité d’espérer le retrouver…que nenni,il vous faut un pro , sans quoi il serait plus facile de trouver des cèpes en décembre dans la cheminée Marsoo à l’Ossau.

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