Raid a ski dans le Queyras – mars 2011

Participants : Stéphane, Denis, Gilles, Claude, Daniel, Robert, Agnès, Sara.

Samedi 12 Mars : Arrivée au gîte « Les Balladins » à Ceillac.

Dimanche 13 Mars : Ceillac – St Véran. Départ de Ceillac par les pistes de ski de fond du vallon du Christillan. L’itinéraire initial qui passait par la pointe des Marcelettes (2909m) est abandonné car la météo annonce du mauvais temps avec du vent. Nous nous dirigeons vers le col des Estronques (2651m) que nous atteignons comme prévu dans le brouillard et dans le vent. Le début de la descente se fait sans visibilité. Heureusement, l’itinéraire n’est pas trop compliqué ni trop exposé, et la neige est agréable à skier. Après quelques virages, nous découvrons le panorama magnifique sur Saint Véran. Au Pont du Moulin, 200 m de remontée nous attendent pour rejoindre le Gîte « Les Gabelous » de St Véran, gîte à l’image du village le plus haut de France, pittoresque a souhait. Denis a même droit à un lit alcôve…

Lundi 14 Mars : St Véran – Refuge Agnel. Très beau temps. Nous remontons la vallée d’Aigue Blanche par la piste de randonnée nordique, serpentant à travers les anciennes mines de cuivre, jusqu’au pont de la chapelle de Clausis. A partir de là, nous faisons la trace pour rejoindre le col de Chamroussière (2884 m). Beaucoup de WOUFF, mais nous sommes sur des pentes trop faibles pour que ça parte. Arrivés au col, nous poursuivons jusqu’à un petit sommet 2962 m à l’ouest. Nous profitons de la vue sur le Pain de sucre et le Viso, magnifique ! Nous descendons au refuge Agnel juste à temps, les nuages arrivent pendant la bière en terrasse. Beaucoup de randonneurs, mais passé 4 heures, nous restons seuls au refuge avec les gardiens. Les prévisions météo du lendemain et des jours suivants sont exécrables.

Mardi 15 mars : Refuge Agnel – l’Echalp. Montée très tôt le matin au col vieux (2806m) sans visibilité. Le Pain de sucre : on oublie, trop chargé et on le devine à peine depuis le col. Il faut descendre au plus vite les 8 km de la vallée de Bouchouse car la météo se gâte. Pas de trace, pas de visibilité, la neige est lourde. Ces 1100m de descente sont plus éprouvants que les montées des jours précédents. A l’Echalp, beaucoup de skieurs de fond sur les pistes de part et d’autre du torrent, ainsi que des scolaires à chien de traineau. Grosse frayeur pendant que nous déchaussons à la route : une avalanche de poudre (pourtant, la neige nous paraissait lourde…) dévale sur le versant d’en face jusqu’à la piste. Les instits affolés constatent heureusement que les effectifs sont au complet.
Nous arrivons au Gîte « 7 Degré Est » de l’Echalp quand la neige commence à tomber à gros flocons. Heureusement, le gîte est super agréable et nous passons une bonne aprèm devant la cheminée à lire et à se raconter des blagues. Certains optant cependant pour la sieste sur le canapé ou en dortoir au choix.

Mercredi 16 mars : L’Echalp – Abries. 20 cm de neige sont tombés dans la nuit, 20 cm sont attendus dans la journée. L’escapade en Italie autour de la Tête de Pelvas est annulée et nous prenons le bus pour rejoindre Abriès, plus sûr que la piste de fond exposée aux avalanches. Journée freeride dans la forêt de la petite station de ski : il y a très peu de monde dans la station et les arbres espacés de la forêt permettent d’exploiter les moindres mètres carrés de peuf vierge. C’est tellement épais que Denis en perd un ski et passe une heure à pelleter jusqu’à l’herbe. Tiens au fait, ça fait une coupe du manteau neigeux ! Et bien sous le mètre quarante de neige, 20 cm de gobelets … Comme quoi on s’occupe toujours avec les encadrants du CAF OLORON !!!!

Jeudi 17 mars : Abriès – Aiguilles : 15 cm de neige sont encore tombés dans la nuit. Le matin il fait encore mauvais temps. Nous rejoignons l’Hôtel « Bellevue » d’Aiguilles par la route et décidons d’aller tâter la peuf à la station de ski de Molines-St Véran. La station est déserte, les perchmen et les pisteurs sont sympas. Le soleil commence à pointer le bout de son nez, et nous nous régalons de tracer dans la neige vierge. De belles coulées se produisent ici et là sur les montagnes aux alentours.
A retour, nous repérerons une rando praticable par risque 4, car le soleil est attendu pour le lendemain.

Vendredi 18 mars : Aiguilles – Aiguilles : Beau temps, grand soleil. Départ du hameau de Gaudissart pour la Gardiole de l’Alp (2786m), un rendez-vous des amateurs de neige fraiche les lendemains de grosse chute. Beaucoup de monde sur cet itinéraire, on croise même des collègues du CAF de Pau. Beau belvédère sur l’Oisans, le Viso.
On se régale à la descente, chacun fait sa trace du sommet jusqu’à la voiture !
Petite halte au resto du front de neige de St Véran pour une bière-entrecôte-frites. A la table d’à côté, certains se vantent d’avoir fait partir des plaques colossales…

Samedi 19 mars : Encore une petite dernière le matin pour profiter du soleil et de la neige fraiche. On n’a pas trop écouté tous les (mauvais) conseils de skieurs ignorant les indication du bulletin de nivologie… On re-choisi une pente de moins de 30 ° exposée sud ouest, une jumelle de la Gardiolle de l’Alp : la crête du Pic de Fond de Peynin (2927m) depuis le parking de Fontgillarde.
Bizarrement, les flancs du pic sont dégarnis mais la crête au sud est elle bien enneigée.
La montagne s’est en partie purgée, mais en partie seulement. Du parking, beaucoup de monde part et pas seulement dans les versants sud.
Nous profitons d’une belle descente en peuf au début, collante au milieu avant de vite retrouver de l’agréable neige de printemps.
Au retour, nous recevons des appels inquiets car quatre skieurs ont été pris dans une avalanche à Molines en Queyras. Ce n’est pas nous mais ils sont partis du même parking que nous … Cinq personnes sont décédées d’avalanches dans le Queyras en trois jours !!!

Au final, et même si le programme a été adapté au regard des conditions, nous avons skié tous les jours.
Le risque d’avalanche était important cette fin de semaine, mais nous avons quand même trouvé des courses permettant de sortir en sécurité, bien contents d’avoir suivi les formations « Nivologie » du CAF.
Humilité cependant, car le risque était avéré et certain. D’autres situations sont moins franches et donc autrement plus piégeuses.

Denis et Stéphane