Descendez Lurien à voir…

Par Xabi & Ludo C’était un vendredi 1e avril, craignant les poissons aux arêtes acérées nous partîmes loin de tout cours d’eau, donc en montagne !

Direction le Pic du Lurien dont les flancs enneigés à cette époque sont d’une générosité qui ne laisse nul montagnard insensible aussi rustre soit-il et nous ne le sommes guère.
Et sous le charme nous fumes en effet ! Car c’est de toute évidence l’un des plus beaux vallons ossalois. Long, généreux et éprouvant bien sur, puisqu’il faut gravir la bagatelle de 1600m de dénivelé pour gagner le sommet du bonhomme !
Les grands sommets sont comme les jolies femmes, ils requièrent une approche franche, de la persévérance et une bonne endurance.

Tout commence donc par un peu de portage à cette époque, jusqu’à la sortie du bois, et les ressauts s’enchaînent progressivement sans soubresauts. Les laquets se planquent encore sous la neige, et la cabane des chasseurs à 2100m est enfouie jusqu’aux épaules, Oh que c’est beau !
Le col est à portée de spatules et nous entamons la montée de la longue et laborieuse pente sommitale, 500m à grimper skis aux pieds puis en crampons sur une première couche bien glacée.
Mais la neige ralentit notre progression, la croute de regèle se brise sous les pieds et l’on s’enfonce jusqu’au genou à chaque pas dans une épaisse neige non transformée et sans grande cohésion.
Nous perdons finalement beaucoup de temps et laissons bien du jus en approchant le sommet, il restait 200m à monter quand nous prenons la décision de ne pas continuer en refermant alors notre cahier de courses et en planquant un peu d’amour propre bien enfoui sous la neige tout de même.

Beaucoup de neige instable sous les pieds et il est midi. Voilà 2 bonnes raisons pour faire demi-tour et redescendre avant que ça chauffe trop ! Il va donc falloir revenir plus tard (ou l’an prochain) pour finir la trace et claquer une bise à la cime…

Conclusion :
Les grands sommets sont comme les jolies femmes, ils ont beaucoup de charme mais ils ne sont pas faciles !