Raid a ski Haute Maurienne – avril 2012

Participants : Denis, Stéphane, Gilles, Patrick, Cécile, Caroline, Xabi, Jean-Marc.

Samedi 13 avril, 12 h. Nous sommes sur l’A9, j’appelle Pierre, le gardien du refuge du Carro pour prendre des nouvelles des conditions. « Ou êtes vous ? À Béziers ? Vous pouvez encore faire demi-tour. Le retour d’est arrive, il est tombé 30 cm, 30 encore prévu pour demain, et pour le reste de la semaine ce n’est pas brillant ». « Bon OK, on vient quand même, au pire on fera de la poudre en station ». La traversée de la Haute Maurienne par les glaciers s’annonce mal. Il va falloir revoir nos plans. Les prévisions météo étaient pessimistes depuis le début de la semaine et heureusement, avec Stéphane, nous avons déjà réfléchi aux plans B, plan C,…

Dimanche 14 avril, 8h, Bonneval sur Arc. Un coup de fil à Pierre sans vraiment trop y croire, et nous décidons d’attendre le lendemain pour voir si une montée au refuge est envisageable, car une accalmie est prévue pour mardi. Au programme du jour : revue du matériel de progression sur glacier, exercice de remontée sur corde, et ski à la station de Bonneval (2600m) pour se mettre en jambes.

Lundi 15 avril : après un dernier briefing avec Pierre pour nous indiquer les passages clés de la montée, nous prenons la direction du refuge du Carro (2759m). Le temps est relativement sec jusqu’à la Duis, puis la neige commence à tomber, accompagnée de la visibilité. Avec tout ça la trace devient plus profonde, la pente se raidit, bref, il faut faire fonctionner les neurones pour trouver la bonne trajectoire. Nous arrivons au refuge trempés, mais rassurés d’avoir la confirmation du beau temps pour le lendemain.

Mardi 16 avril : grand beau ! c’est parti pour le col de l’Uja (3353m). Nous nous relayons pour faire la trace dans 50 cm, puis 60cm, puis 80cm, puis 1m. Heureusement l’inclinaison de la pente est trop faible pour risquer d’être pris dans une avalanche. Nous traversons quand même un par un la dernière pente avant le col qui nous paraît un peu limite. Arrivés au col, le vent est glacial, même pas le temps de prendre une photo ; le pique-nique attendra. La descente qui aurait du être mythique au regard des efforts fournis à la montée s’avère plutôt pénible : trop de neige, trop lourde, pas assez de pente, des skis pas assez « fats ». Nous skions la plupart du temps dans la trace de montée. Le soir nous restons au refuge du Carro et décidons d’annuler l’étape aux Evettes. Nous rejoindrons le refuge d’Avérole le lendemain par le bas de la vallée. Malgré tout le moral est bon, nous sommes contents d’être là et restons optimistes pour la suite du séjour.

Mercredi 17 avril : Col des Pariotes (3034m). Cette fois-ci la trace à la montée est faite ! Nous descendons par la vallée des sources de l’arc, au début dans les nuages et une croûte infâme, puis la visibilité revient avec une neige plutôt agréable à skier. Un bref passage à la ville (Bonneval) pour récupérer les voitures, et nous voilà partis pour le refuge d’Avérole. La route est dégagée jusqu’au hameau et 30 minutes nous suffisent pour arriver au Refuge. Nous sommes seuls, les prévisions météo ne sont pas géniales, mais ce n’est pas suffisant pour nous démotiver. La traversée vers le refuge Gastaldi en Italie est abandonnée ; nous resterons ici et le gardien nous indique 2 courses à faire pour jeudi et vendredi.

Jeudi 18 avril : Plateau du col de la Bessanèse (3056m). Nous progressons rapidement, il a fait froid dans la nuit et la croute est bien portante. De gros woufs nous indiquent que le manteau n’est pas encore bien stabilisé, et nous prenons quelques précautions dans les passages raides. A la descente la croûte n’est plus croûte et cède à chaque appui : 800 m de traversée-conversion-traversée-conversion-…malgré ça le groupe garde le moral et la bière artisanale réparatrice du refuge coule à flots.

Vendredi 19 avril : Col d’Arbéron (3022m). L’itinéraire de montée face nord est protégé par une falaise, la neige n’a pas encore beaucoup transformé. Nous nous relayons pour faire la trace, et cette fois-ci, la neige est plutôt légère et il y a suffisamment de pente et de visibilité pour profiter de la descente ! Belle récompense. Après une bonne omelette en terrasse au refuge et au soleil, nous descendons à Bonneval pour fêter notre « presque traversée intégrale de la Haute Maurienne en ski par le bas de la vallée et un peu en voiture ».

Samedi 20 Avril : retour à Oloron, Toulouse, Angoulème, Pays basque pour 8 vaillants skieurs et skieuses.