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Tout mousse à Troumouse !

 

Petit résumé d’une randonnée estivale presque bucolique, le tour des Crêtes du Cirques de Troumouse et la traversée du massif de La Munia. Escapade sauvage et magistrale durant laquelle le regard chevauche à l’horizon les cimes les plus prestigieuses et transpirantes qui soient au cœur de nos chères Pyrénées, Pics d’Aneto, Posets, Mont Perdu, Vignemale, Marboré, Balaitous, Néouvielle…. et cetera…

Course magnifique, très beau voyage à ne pas prendre à la légère, il faut se méfier des horaires donnés dans la plupart des topos (7-8 heures). Etablir des records de vitesse c’est bien joli, mais ce genre de terrain mérite beaucoup de précautions et à moins d’être un montagnard très aguerri il faut se laisser le temps de progresser sereinement et en sécurité. Prévoyez une dizaine d’heures minimum pour avoir de la marge. Le but du jeu étant de parcourir les crêtes et d’effectuer le tour des sommets composant le cirque de Troumouse pour culminer au sommet de La Munia à 3133m.

Après un bivouac au dessus d’Héas sous une presque pleine lune, le départ fut donné avant le lever du jour au parking supérieur de Troumouse. La mise en jambes est rapide avec une traversée du beau plateau et l’âpre montée au col de la Sède à 2650m. L’épique équipe composée d’Estelle, Jean Michel, Eric et Xabi se lance alors dans la course de crêtes et les choses sérieuses ne tardent pas à chatouiller les mirettes. Le Pic de Gerbats et ses dalles blanchâtres se dresse rapidement après le col de la Sède, il nous faut l’éviter en traversant sur le flanc ouest des banquettes et des vires exposées qui surplombent de magnifiques toboggans de calcaire (mais sans eau dessous) de 300m de haut! C’est pas difficile (cotation II) mais chacun s’applique à bien poser le pied à plat, un brin de corde est mis avec quelques friends mais le rocher n’est pas de première qualité, la vigilance s’impose.

Nous rejoignons le fil de la crête pour gravir de réguliers ressauts avec plus ou moins de difficulté et une vue imprenable sur le cirque de Troumouse dont les seuls animaux sont des vaches, des isards et des marmottes, drôle de cirque. Les lacs et le paisible refuge de Baroude apparaissent en contrebas, soit 500m de gaz sous la fesse gauche coté Est ! C’est étrange comme l’on tâtonne délicatement parfois malgré nos gros godillots aux pieds…
Le Petit Pic blanc est rapidement gravis pas une sente de pierrier puis le terrain s’accidente nettement par la suite, de nombreux cairns aident à dénicher le passage le moins scabreux, en évoluant souvent pleine crête faîtière pour garder l’équilibre. Sommet suivant : le Pic Heid (3022m), la traversée du sommet se mérite un peu, il faut être très vigilent sur la descente sur un éboulis instable et délicat. La boucle continue vers le Pic de Troumouse, il convient d’éviter de nombreux gendarmes arrogants sur un rocher de schiste très délité, il faut alors vérifier chaque bloc avant de poser pieds ou mains. Cela demande une attention continue car le vide nous guette…

Mais le cirque de Troumouse est un régal permanent avec une vue magnifique sur les sommets alentours, notamment sur le Marboré et le Mont Perdu avec son glacier qui scintille face à nous. Une belle arête aérienne mène ensuite au sommet du Pic de Troumouse (3085m) qui constitue une petite récompense à lui seul avec un étrange quadripode métallique installé tout là haut.
Se dresse alors fièrement devant nous l’éperon du Sère-Moudène qui est la difficulté majeure du jour…. Une escalade sur le fil, 30m de difficulté II et III sur un rocher à peu près correct, pas bien difficile en effet mais aérien et délicat à protéger avec quelques friends et coinceurs. Sur le topo il est écrit qu’il y a un piton avec anneau et qu’il est préconisé un brin de 30m pour cette course. Sauf que ce piton n’y est plus, du coup nous étions bien contents d’avoir eu la prudence de prévoir une corde de 50m pour tirer une longueur jusqu’au sommet de l’éperon où apparaît le premier bloc solide apte à offrir un relais digne de ce nom !

Quelques nuages s’amoncellent à l’horizon et nous filons sans traîner du sommet du Serre Moudène vers la Petite Munia pour gagner bientôt et aisément le sommet de la Munia à 3133m. Une petite pause pour se restaurer mais le bon casse-croûte prévu attendra car l’orage commence à gronder au loin et la descente mérite de l’attention. Nous descendons l’arête ouest accidentée de la Munia et franchissons félinement le pas du chat pour entamer la descente finale par le col de la Munia (*). De jolis cairns artistiques avec de beaux cailloux blancs nous guident vers le Mur Passet que nous descendons à l’aide d’un brin de corde pour éviter une erreur de fatigue, et le couloir pierreux final nous mène sur le plateau de Troumouse, au pied des fameuses Sœurs de Troumouse qui sont toujours aussi jolies et n’ont pas pris une ride.

Oh la bonne pelouse sous les pieds ! Que cela fait quand même du bien de poser le pied à plat sans réfléchir ! Nous sentons le réconfort approcher et distinguons déjà au loin le crépitement de bulles houblonneuses provenant de quelques amphores belges laissées au frais. Puis de retour à la voiture une dernière ascension majeure s’impose semble-t-il, car Jean Michel nous annonce qu’il a trimbalé dans son sac (pour rien donc) un Pic St Loup (altitude hors catégorie) durant toute la journée et, tel le roulis d’un voilier sur l’océan tumultueux, nous avons vérifié que le mouvement du sac à dos en altitude s’avère hautement bénéfique au vieillissement du bon vin. Messieurs Petrus, Yquem et Romanée-Contie je vous remercierai donc de nous fournir prestement quelques exemplaires de vos ouvrages afin que nous puissions vérifier cette théorie lors de nos prochaines excursions scientifiques !

Petite anecdote finale, dans le topo des 100 plus belles courses pyrénéennes de Bellefond (ouvrage indispensable réédité récemment) page 76 il est indiqué : « l’escalade assez facile laisse l’impression que cette course est une alerte randonnée, certes vertigineuse et réclamant de l’attention, mais dont le rythme n’est jamais ralenti par le franchissement laborieux d’obstacles imprévus ». Si quelqu’un a le numéro de l’éditeur, j’aurais deux mots à lui dire… Mais ceci écrit par l’un des plus illustres montagnards remet notre humilité à sa bonne place. Il s’agit d’une très belle course, de difficulté modeste certes, mais le terrain requiert une solide expérience de la haute montagne (c’est également précisé dans le topo) et avec l’envie de faire un beau voyage sur le fil des cimes, au pays des isards, des vautours, du gypaète barbu qui n’ont bien sur pas oubliés de venir nous saluer majestueusement.

Xabi

 

* NB : La course décrite n’est pas le tour complet du cirque de Troumouse, la descente par le col de la Munia représente environ les 2/3 du tour des crêtes en intégral. On peut en effet continuer la course en franchissant le Mont Arrouy, la Pène Blanque, la Hèche de Bouneu, le Cheval Rouge, le Pic de Bouneu pour redescendre au Port de la Canau. Soit vous êtes alpinistes chevronnés et coureurs de trail pour le faire dans la journée, soit vous le faites en 2 jours avec un bivouac.

 

 

Sortie Vtt souletine

Petit retour en image sur… comment dire…

Une promenade automnale ? Pas exactement…
Une randonnée de découverte des charmes bucoliques du pays basque ?
Pas tout à fait… La neige se faisant attendre, le vtt reste une option appréciable pour ne pas se morfondre devant une télé moribonde ou un jeu de carte soporifique.

Ainsi cet automne nous partîmes gaiement pour une sortie joviale avec quelque accent âpre et râpeux comme le brebis basque, piquant comme l’humour basque, des ronces au caractère coriace et tenu, des taillis impénétrables et touffus, il y a avait indéniablement comme un goût prononcé d’Euskadi dans cet itinéraire Vtt…

Le ton était vite donné. En croisant après 10 minutes de pédalage un fier berger basque (pléonasme) qui nous dit, adossé au portail, le regard malicieux et le verbe lapidaire : « Je pense que vous n’allez pas faire 100 mètres sur le vélo… »
Et chacun mit son orgueil sous les orteils pour appuyer ferme en convoitant
la fichue côte qui se présentait…
Et finalement… nous ne fîmes pas 100m avant de poser pied à terre sans oser se retourner vers le berger que l’on devinait jubilatoire en observant ces zozos du vélo.

Mais laissons donc les images nous susurrer quelques émouvants souvenirs…

Car c’était beau, avec une superbe descente technique à souhait… C’était dur… (et même parfois c’était pas facile)
Mais on se sera quand même bien marré, c’est déjà ça…

Devinette : Dans l’une des photos il y a un point lointain vaguement visible, est-ce

– Un ours du Labour
– Un dahu basque
– Un Darrius avec un vélo sur le dos
– Un mouton noir

Celui qui trouve gagne une bombe anti-crevaison !

Xabi

Descendez Lurien à voir…

Par Xabi & Ludo C’était un vendredi 1e avril, craignant les poissons aux arêtes acérées nous partîmes loin de tout cours d’eau, donc en montagne !

Direction le Pic du Lurien dont les flancs enneigés à cette époque sont d’une générosité qui ne laisse nul montagnard insensible aussi rustre soit-il et nous ne le sommes guère.
Et sous le charme nous fumes en effet ! Car c’est de toute évidence l’un des plus beaux vallons ossalois. Long, généreux et éprouvant bien sur, puisqu’il faut gravir la bagatelle de 1600m de dénivelé pour gagner le sommet du bonhomme !
Les grands sommets sont comme les jolies femmes, ils requièrent une approche franche, de la persévérance et une bonne endurance.

Tout commence donc par un peu de portage à cette époque, jusqu’à la sortie du bois, et les ressauts s’enchaînent progressivement sans soubresauts. Les laquets se planquent encore sous la neige, et la cabane des chasseurs à 2100m est enfouie jusqu’aux épaules, Oh que c’est beau !
Le col est à portée de spatules et nous entamons la montée de la longue et laborieuse pente sommitale, 500m à grimper skis aux pieds puis en crampons sur une première couche bien glacée.
Mais la neige ralentit notre progression, la croute de regèle se brise sous les pieds et l’on s’enfonce jusqu’au genou à chaque pas dans une épaisse neige non transformée et sans grande cohésion.
Nous perdons finalement beaucoup de temps et laissons bien du jus en approchant le sommet, il restait 200m à monter quand nous prenons la décision de ne pas continuer en refermant alors notre cahier de courses et en planquant un peu d’amour propre bien enfoui sous la neige tout de même.

Beaucoup de neige instable sous les pieds et il est midi. Voilà 2 bonnes raisons pour faire demi-tour et redescendre avant que ça chauffe trop ! Il va donc falloir revenir plus tard (ou l’an prochain) pour finir la trace et claquer une bise à la cime…

Conclusion :
Les grands sommets sont comme les jolies femmes, ils ont beaucoup de charme mais ils ne sont pas faciles !

Vertice d’Anayet

Retour en image sur une escapade espagnole qui fera probablement des jaloux ; comme on les comprend.

Le Vertice d’Anayet se gagne soit depuis la station de Formigal à l’Est (avec traversée de la station), soit depuis Canfranc, version plus longue mais esthétique et voyageuse.

L’itinéraire démarre au dessus de Canfranc (remonter vers Candanchu quelques centaines de mètres et tourner à droite en direction du camping). avec environ 1300 m de dénivelé soit quatre bonnes heures de montée jusqu’au sommet. Compter 6 à 7 heures A/R.

Il suit au début le GR11 qui file le long du torrent. A la sortie du goulet (45min), deux options possibles : – Suivre le vallon interminable du Canal Roya – Ou monter directement à droite (au sud) pour viser la Punta de las Negras (passer coté sud).
Les sommets de l’Anayet et du Vertice n’apparaissent qu’après 2 heures d’effort. Monter ensuite au col joignant le pic et le Vertice. Suivre la crête Est du Vertice jusqu’au sommet ; sans difficulté mais crampons impératifs.

Attention : Cette course est à proscrire après de fortes chutes ou avec un risque de niveau 3. Le fond du vallon où passe le GR11 est un véritable guet-apens avalancheux. De raides couloirs engendrent d’énormes coulées !

La récompense au sommet est un panorama époustouflant allant de la Rhune au Canigou… ou presque. Les roches rouges et ferrugineuses du Canal Roya et de l’Anayet offrent de belles couleurs chaleureuses.

Ils annonçaient une belle journée, elle fut radieuse. La neige semblait correcte, elle était finalement excellente, encore du bonheur dans les mirettes.

WE Sécurité sur Glacier 9 & 10 Janvier 2010

Malgré le réchauffement climatique, dû ou pas à l’activité humaine, les glaciers sont toujours là pour le bonheur des montagnards qui les parcourent été comme hiver.

Afin d’évoluer sur ces glaciers en prenant un maximum de précautions, le CAF Oloron organise ce week-end 2 journées de formation « Sécurité sur Glacier ».

Cette formation s’adresse à tous : montagnard, randonneur, alpiniste, skieur, snowboarder.
Pour toute personne, débutant ou expérimenté, amenée à évoluer un jour sur un glacier ou sur une zone présentant des risques de progression.

Au programme :

– Révision du Matériel – Formation de cordées – Encordement
– Progression en cordée sur glacier crevassé
– Progression en cordée sur pente raide
– Atelier remontée sur corde
– Atelier relais & ancrages, broches à glace
– Atelier mouflage, manips, , techniques de secours, etc.

Les samedi 9 & dimanche 10 janvier 2010. RDV à 8h salle Pallas à Oloron Ste Marie

Pour les non-licenciés du CAF, possibilité de prendre une licence pour la journée.

Renseignements et inscriptions, contacter :
– Denis : 06 85 75 16 54
– Xabi : 06 84 01 21 82

Le Dahu est de retour

Quand chacun jugeait l’existence du Dahu improbable, quand les uns évoquaient une légende lointaine… et que d’autres riaient et sourient encore au nez de ceux qui le cherchaient en vain.

Mais encore faut-il chercher avec tact et persévérance en tachant de comprendre où se cache cet animal mythique ? Il faut alors faire preuve de finesse, d’empathie et de mimétisme pour tenter de comprendre le comportement hors normes du fameux dahu.

J’ai donc entrepris une quête naturaliste minutieuse pour analyser la complexité comportementale de l’animal et les éventuels composants de son biotope.

Première hypothèse :
L’animal est fort probablement une relique glacière, bien qu’ayant muté selon le changement climatique il doit rechercher l’austérité et la fraîcheur des cirques lointains.

Deuxième supposition :
Il doit se méfier des vents trop forts Nord-Sud qui brouillent les messages olfactifs annonçant un danger imminent. Il doit donc fréquenter des vallons suspendus orientés Est-Ouest !

Troisième suggestion :
Il doit demeurer à proximité de points d’eau pour s’abreuver aisément en dépit de ses difficultés de déplacement (faut-il rappeler aux incultes qu’il possède deux pattes plus courtes…).

Quatrième évidence :
Il arbore en conséquence des pentes régulières et franches afin de pouvoir effectuer le tour d’une montagne sans se retourner, cause évidente de sa quasi-disparition. Il fallait donc envisager un sommet majeur à proximité.

Après avoir brainstormé ces multiples composantes, je compulsais avec ardeur et acharnement les rares ouvrages traitant de la chose puis me penchais attentivement sur les cartes IGN… Après plusieurs mois de quête infructueuse un lieu attira mon attention…

Bon sang mais c’est bien sur ! Le Lac d’Isabe et le massif de Sesques ! Un beau matin du mois d’aout je partis donc à l’aube avec la même discrétion du chasseur de cèpes qui s’éclipse sans nul mot à personne…

Et… après 12 heures de recherche et de progression camouflée à contre sens du vent… soudain… dans les contreforts de l’Escarpu… Qui vois-je ??? Oh merveille des Pyrénées !!! Un magnifique spécimen de Dahu pyrenaica senesterus (patte gauches plus courtes à l’inverse du dahu dexterus)

Que les mauvaises langues désormais s’emberlificotent avant de pavoiser et que les incrédules écarquillent ce qui leur sert de mirettes.

Et que les images parlent !

(Nb : photos protégées)