Archives de catégorie : Alpinisme

4 pointes ossau et pointe Emmanuelle

Pour la fête de la fissure nous avons parcouru avec les jeunes espoirs Aquitaine les 4 pointes de l’ossau , le beau temps et la bonne ambiance était au rendez vous .
Voici quelques images

Ecole d’aventure groupe espoir Aquitaine

Une bien belle journée pour un couloir et descente en ski. Le Ronglet vallée d’Aspe. Très bonne condition, mais dans la nuit une énorme crevasse nous a barrée la progression, alors nos guerriers ont bien maîtrisés le passage. Pour la descente du couloir ce sera la prochaine fois. Voir quelques photos de nos jeunes espoirs. Dédé

Ascension de la face ouest du Pene Sarrière

22 septembre 2012 : belle matinée ; départ de la Salle Palas pour Pene Sarrière vers 7 heures. Boris, Cyril, Samuel sont présent au rendez-vous. Olivier et Stéphane les encadrent. Après un petit café à Laruns, on prend le départ pour Gourette. On est au pied de la paroi à 10 heures. Les jeunes sont motivés, attentifs, prêts à affronter les magnifiques dalles lisses de la directissime Ouest du Pene Sarrière. Nous attaquons l’ascension par les deux premières longueurs de la Bovéro – qui nous ont été chaudement recommandées par Fabrice – avant de rejoindre la voie proprement dite. Cette mise en jambe permet aux jeunes de se familiariser avec le vide… frissons mais leur niveau technique de grimpe les tire rapidement de ce passage délicat. Ils prennent bientôt contact avec les joies de l’artificielles : dalles lisses (équipées) en tire-clou, passage du toit en traversée. Question sécurité, on a confiance : ces jeunes fous sont mûrs pour leur âge et respectueux des consignes … D’ailleurs, un coup d’oeil 150 mètres plus bas leur fait très bien comprendre que ces consignes sont indispensables ! La première cordée, arrive au sommet 4 heures plus tard, rejointe par la seconde 1 heure plus tard. Tout le monde est ravi et prêt à recommencer. La descente par la voie normale exige encore de la vigilance, car humide et glissante, mais aucun incident ne la ternit….

Dédé… formateur sans frontière

Si ça vous a échappé, soyez informé que Dédé, Le Dédé (international pour le coup) est allé au Chili il y a peu. Hé oui, non content de transmettre ses passions pour l’alpinisme, le ski et plus largement la montagne aux sein du Club Alpin d’Oloron, il s’est envolé pour les Andes pour aller former les montagnards Chiliens.

Pour en savoir plus c’est là : http://www.larepubliquedespyrenees….

Le Campanal du Larrens

Escalade de l’arête sud et traversée par l’arête nord du Campanal du Larrens.

Ce samedi 1er septembre , nous devions escalader les crêtes du Diable au Balaïtous, mais les conditions météo nous ont conduits vers le massif du Néouvielle. Des vents à plus de 50 km/h sur les crêtes ce n’est pas terrible !!! surtout quand la course est longue. Donc j’ai proposé aux plus courageux, la traversée sud nord du Campanal du Larrens. De suite on se retrouve à 8 cafites au départ samedi après midi. Campement au pied des voitures, repas au coin du feu, alimenté par les plus jeunes, puis une douce nuit bien froide, et le plus résistant Xaby à la belle étoile, breueu fait froid…. Réveil 6h petit dejeuner au coin du feu ; merci qui !!! merci Dédé… 2h et demi de marche d’approche et nous voilà devant cette belle face au soleil. 2 très jolies longueurs nous emmènent sur l’arête pour attaquer une belle traversée ( voir images ). Encore une journée bien remplie, avec des sourires sur tous les visages. Les cordées : Alice et moi , Boris et Valérie, Samuel et Xaby, Tom et Mathieu. RV à la fin du mois pour RIGLOS…

ECRIN etc…

INITIATION ALPINISME

4000 mercis en direct des Ecrins

C’est pendant le week-end canyoning du mois de Mai qu’Estelle et Manuel s’étaient mutuellement encouragés à s’inscrire au séjour alpinisme du mois de Juillet dans les Alpes. Deux néophytes en la matière, pétris d’angoisse à l’idée de ne pas être au niveau, de confondre un piolet avec une gentiane ou un descendeur avec un tire-bouchon. Timidement, ils tâtèrent du terrain pour voir si les encadrants les enverraient directement dans les orties ou au centre aéré. Mais non, un des objectifs du CAF étant la découverte et l’initiation à toutes les pratiques montagnardes, la requête fut acceptée. Deux mois après, nous partions vers les Alpes en compagnie de Dédé et de Valérie du CAF de Pau (sans doute une espionne ayant reconnu l’excellence du CAF Oloronais). Pour un premier contact avec l’alpinisme in situ (c’est à dire dans les Alpes elles-mêmes), ce sera le majestueux parc des Ecrins.

Samedi 21 Juillet : roule ma poule… Tout le monde est dans la voiture, chargée pour un régiment d’affamés à destination d’une opération survie, y’a plus une place pour une barre de chocolat. Faut dire qu’Estelle a du dévaliser le stock de chez Lindt pendant la nuit et que Valérie pense que les supérettes n’existent plus au delà du gave. Bref après beaucoup d’heures de route ensoleillée mais bouchonnée, grands départs estivaux obligent, nous rejoignons le camping d’Ailefroide (1570m), où les sacs sont déballés, les tentes jetées et les cafistes allongés. Estelle a déjà dévoré deux plaques de fondant, à l’idée des épreuves qu’elle va devoir affronter pendant la semaine, Manu s’est endormi comme une crêpe alors qu’il n’a accompli aucun effort et les deux autres ourdissent des courses endiablées en sourdine.

Dimanche 22 Juillet : cacahouètes… Objectif : atteindre le refuge du Selé pour faire l’ascension de l’Ailefroide orientale (3847m) le lendemain. Fastoche, les deux nouveaux cabris gravissent d’un pas alerte, rayères et sentiers, la paloise tire un peu la langue, Dédé se promène. Le refuge est atteint (2511m) en début d’après midi. Il fait très beau, la vue sur la vallée minérale et sur le glacier des Bœufs rouges est très séduisante. On aperçoit aussi le refuge du Pelvoux que nous devrions rejoindre le lendemain après la course et c’est alors que la réalité nous rattrape : « aujourd’hui c’était un apéritif, une cacahouète » pense tout un chacun plus ou moins fort… Nuit tranquille et lever à 3h du mat. Enfin 4h, le réveil du chef n’a pas sonné, c’est un signe…

Lundi 23 Juillet : émotions et réductions Départ à la frontale, quelques cordées ont choisi le même itinéraire mais ce n’est quand même pas la cohue et nous atteignons après deux heures nocturnes un premier bord de glacier où il faut cramponner et s’encorder. Le jour se lève à peine et au détour d’un éperon rocheux deux chamois viennent nous saluer. Première émotion, le petit et sa mère se détachent en ombres chinoises sur un fond glaciaire en gris lumineux et blancs d’aube estivale. Image et souffle suspendus quelques instants. Puis nous repartons. Les différentes cordées ont trouvé leur rythme, chacune trouve son espace. C’est la dernière partie avant le sommet qui s’avère la plus sévère pour les cuisses et les mollets encore un peu en vacances. Deux longues montées pendant lesquelles on n’entend plus Estelle dire « J’ai faim » mais un bruit de crampons croquant la neige, rythmé par le chef d’orchestre imperturbable et régulier, Dédé. Manuel ferme la marche un peu plus loin parfois un peu perturbé quant à lui par Estelle qui lui demande gentiment de tendre un peu plus la corde. Le sommet enfin vers 11 heures, vue complètement dégagée à 360°C, un vent peu accueillant mais supportable et surtout, deuxième émotion, LES ALPES à perte de vue. Manu saute de joie (enfin pas trop sinon c’est 2000m de dénivelé sans filet) en voyant pour la première fois de sa vie le Mont Blanc. Estelle mange une barre et découvre pile en face celle des Ecrins (4102m) qui n’est pas en chocolat et où nous devons nous rendre en fin de semaine. Photos, embrassades, bisous et demi-tour, ça caille et l’estomac (de tout le monde cette fois-ci) réclame son du. Pique-nique un peu plus bas, assez court, la journée est loin d’être finie. Passés les descentes de glacier, il faut attaquer passages rocheux plus ou moins périlleux et les grandes rayères. Il n’est pas loin de 15h et on serait sensé redescendre au refuge puis repartir pour 4h de marche en direction du refuge suivant… Dédé sent que les troupes s’essoufflent et que l’arrivée sera très tardive. Mais ce seront mes chaussures qui auront le dernier mot. Enfin ce ne sont pas les miennes et elles ne résisteront pas au test, la descente devient une torture et est tellement lente que Dédé pense à appeler les secours ! ¡No pasa nada, paciencia ! , lui réponds-je, espérant le calmer en lui insufflant quelques cours d’espagnol alpin en prévision de son futur séjour au Chili. Et effectivement il ne se passera rien, sauf une arrivée très lente au refuge où Manu et Estelle décident de rester dormir, les deux autres redescendent au camping et la journée suivante modifie le programme pour devenir journée repos. De toute façon aucun regret, le lendemain allait présenter des sommets bouchés et du mauvais temps sur les hauteurs, on aurait rien vu.

Mardi 24 Juillet : Réflexión, desesperación, separación y crutón…. Les deux binômes séparés ne se retrouvent plus. Les uns attendent les autres, les autres pestent sur les uns. Manu veut rentrer par le premier train pensant que ce sera trop dur, que c’est une tentative d’intimidation, que sa cheville va lâcher, que les Ecrins ça craint. Estelle rassure, encourage, le motive, le traîne dans une pharmacie en quête d’une chevillière, lui fait louer d’autres chaussures et mange trois plaques de chocolat. Vers 17h retrouvailles, les deux autres avaient fait le piquet au même endroit. Inquiets, Dédé était presque remonté au refuge en courant, Valérie se promenait dans tout le camping avec une pancarte « Missing » mais personne n’avait remarqué le couple disparu, (pourtant remarquable) ou alors personne ne comprenait l’anglais…ou n’aimait le CAF de Pau. Bref tout s’arrange, demain on montera au refuge des Ecrins (3100m) on fera la barre le lendemain et selon la forme, le vendredi on se reposera ou on rajoutera une course. Fin de journée au restau, raclettes et tartiflettes, fondant au chocolat au dessert devinez pour qui, Valérie négocie habilement le Génépi et la bouteille de blanc sous prétexte que la ration d’Estelle était trop petite… Elle est nulle en recherches de disparus la Valérie mais super forte en promotions alcooliques. On la garde.

Mercredi 25 et Jeudi 26 : Un 4000 et tu repars Montée par le pré de Madame Carle, direction Le Glacier blanc, bijou des écrins qu’on aperçoit depuis le parking. Journée magique, il y a beaucoup de monde certes mais le paysage est époustouflant, je ne trouve plus de mots pour m’extasier, la découverte du glacier est une révélation, un ravissement de tous les instants, une fascination magnétique. Une marmotte salue sous un rocher, un choucas à bec jaune fluo vient quémander ses miettes. Les lacs reflètent le Pelvoux et l’Ailefroide, immenses. Premiers pas sur un vrai glacier, conseils avisés pour ne pas tomber dans les crevasses. « Estelle n’essaie pas d’aller cacher de la bouffe dans les frigos naturels, tu risques gros… » avertit Dédé. Arrivée au refuge qui domine le glacier. C’est bondé, bruyant, fébrile, un peu fatigant comme ambiance et décevant par rapport à la situation exceptionnelle de ce promontoire, mais bon, la contemplation ou les boule quies serviront à compenser. La nuit Dédé met en pratique très tôt ses cours d’espagnol, en gueulant « ¡¡¡ Cállate !!! » aux compagnons de dortoir, des basques espagnols qui avaient sans doute confondu refuge et bar à tapas. Très efficace, plus un bruit jusqu’à… « Messieurs dames, il est trois heures moins le quart ! ». Branlebas, (un peu haut quand même à 3100m !), tout le monde veut partir vite pour ne pas être à ronger le frein de la cordée précédente. On se retrouvera à précéder une cordée d’italiennes, pires que les espagnoles, pas une minute de silence jusqu’au sommet et même après. Le sud est résolument sonore ! Estelle a envie de me fouetter avec la corde que je ne tends toujours pas assez. Je sens que je l’énerve.

Séquence poésie : Imaginez une armée de lucioles en file indienne dessinant un beau Z de zénitude ou de zénith par une douce aurore sans brise, et bien ce fut le début de notre ascension, pentue pentue au début, attaquant la barre presque de face. Et puis après, les roses et les orangés recouvrirent les séracs et les flancs enneigés d’un velours éthéré et sublime. Peu à peu, le massif alpin se dévoilait lumineux et pur, d’une rare limpidité, vue imprenable des Ecrins au Cervin. 8 h du matin, les quatre étaient à 4000 m, esbaudis et pantois. On escaladera pas l’arête pour les 100 m qui nous restent, trop de monde, trop de pies italiennes et de choucas espagnols. Faudra revenir. On redescend contemplatifs, quadrille joyeuse et complice et je demande à ne plus être derrière Estelle qui menace de me convertir en rôti prêt à cuire. Petit passage par le col du Dôme des Ecrins pour pique-niquer à 10h du mat et parfaire le bronzage d’altitude. Petit cours de pose de relai sur glace et autres pratiques alpinistiques et toc, le chef ne veut gâcher aucune occasion. Retour au refuge où chacun essaie de profiter au mieux de cette longue après midi d’oisiveté. Y ‘en a qui dorment puisque que y’a plus personne dans les dortoirs, d’autres tentent des douches gelées, y’en a qui se font battre à tous les jeux de société et y’en a un qui invite Estelle à un délicieux gâteau au chocolat pour éviter le pugilat pour les deux jours qui restent. Faites vos paris. Repas, blabla, dodo.

Vendredi 27 et Samedi 28 : Si t’en r’veut, y’en r’na. Comme on s’est trouvé très bien la veille, on décide de faire la Roche Faurio (3730m) en face de la Barre des Ecrins d’où l’on a une vue très dégagée sur la Meige et autres massifs que même moi je commence à reconnaître, avant de repartir. Sur la barre, Dédé dénombre entre 100 et 150 personnes qui montent, ça va devenir comme le premier jour des soldes… Bref à 7h du mat nous sommes au sommet, à 9h on repasse devant le refuge et dernière descente sur le Glacier blanc pour entamer le grand retour. Il n’y a personne à cette heure, on croirait qu’on nous l’a réservé que pour nous. Je suis toujours aussi fasciné par l’endroit, ses reliefs, ses reflets, ses lumières, ses nuances TROP BEAU ! On vous épargne le récit de la descente, j’arrive 1/2h après les autres bien entendu mais c’est plus la faute au godasses. De retour au camping, la météo nous octroie juste le temps de monter les tentes avant de décharger un bel orage et nous confirmer que nous avons été très chanceux toute la semaine. La fin du séjour n’est que plaisir entre quatre qui sont désormais plus aguerris, plus fatigués sans doute mais surtout plus amis. Champagne, foie gras, que diable un baptême de 4000m et un si beau séjour, ça se fête ! Le lendemain nous retrouvons sur la route du retour Stéphane et Gilles à qui Dédé se joint pour repartir à l’assaut d’autres Alpes. Les trois autres souris ont quelques heures pour habiller le chat pour l’hiver… mais non Dédé ! ¡ Eres un muchacho excelente, te queremos mucho, gracias por todo y que te vaya bonito ! (Tu es un mec génial, on t’aime beaucoup, merci pour tout et que ta route soit belle). Merci aussi à tous ceux qui au CAF donnent de leur temps pour faire partager leur passion, qu’elle reste communicative.

Manuel Ruiz Juillet 2012